Le rôti de veau Orloff se sert volontiers entier, puis se tranche à table. Son principe est assez simple : on colore d’abord le rôti, on le cuit une première fois pour le raffermir, puis on l’entaille pour glisser du jambon et du fromage avant de le remettre au four. Ce n’est pas difficile, mais il faut travailler proprement pour que la viande garde sa tenue.
La cuisson doit rester mesurée. Le veau sèche vite si on le pousse trop, surtout avec une seconde cuisson. Mieux vaut donc un four régulier, un peu de bouillon dans le plat et un court temps de repos avant de servir. La sauce se fait ensuite avec les sucs, un peu de crème et rien de plus.
Quel morceau choisir
Le plus pratique est un rôti pris dans la noix, la sous-noix ou le quasi. Cherchez une pièce régulière, bien ficelée, autour de 1,2 kg pour six personnes. Elle sera plus facile à entailler et plus nette au service. Si le rôti est bardé, tant mieux, mais ce n’est pas indispensable.
Pour la garniture, prenez un jambon blanc peu humide et un emmental en fines lamelles. Des tranches trop épaisses forcent l’ouverture du rôti et compliquent la cuisson. La moutarde, en très petite quantité, relève les faces coupées sans prendre le dessus.
Les points à surveiller avant la seconde cuisson
La première coloration en cocotte est importante. Elle donne du goût au plat et laisse des sucs pour la sauce. Faites bien dorer le rôti sur toutes ses faces, puis ajoutez l’oignon émincé pour qu’il commence à fondre. La première cuisson au four ne doit pas cuire complètement la viande : elle sert surtout à la raffermir.
Après cette étape, laissez le rôti tiédir quelques minutes. S’il est coupé trop chaud, les tranches se défont plus facilement. Entaillez-le avec un couteau long, en tranches d’environ 1 à 1,5 cm, sans aller jusqu’à la base. Glissez ensuite le jambon et l’emmental sans trop tasser. Si le rôti s’ouvre beaucoup, resserrez-le avec une ficelle de cuisine.
Cuisson et moelleux
Pour la seconde cuisson, versez un peu de bouillon dans le plat, pas davantage. Le but n’est pas de faire bouillir la viande, mais d’éviter que le fond accroche et de garder une atmosphère un peu humide dans le four. Arrosez une ou deux fois pendant la cuisson. Si le fromage colore trop vite, couvrez légèrement sans enfermer complètement le plat.
Le bon repère se voit autant qu’il se mesure : fromage fondu, dessus légèrement doré, jus encore propre au fond du plat. Si vous avez une sonde, comptez 63 à 65 °C à cœur avant repos. Ensuite, laissez le rôti reposer 8 à 10 minutes. Cette pause aide beaucoup au moment du service.
La sauce courte à la crème
Une fois le rôti posé sur le plat de service, récupérez le jus de cuisson. Retirez l’excès de gras si nécessaire, puis ajoutez la crème fraîche et faites frémir quelques minutes en grattant bien les sucs. La sauce doit rester courte, liée juste ce qu’il faut, sans noyer la viande.
Goûtez avant de saler. Entre le jambon, le fromage et le bouillon, l’assaisonnement est souvent déjà suffisant. Un peu de poivre fraîchement moulu suffit la plupart du temps. Servez une partie de la sauce à part pour garder le rôti net sur le plat.
Avec quoi servir le rôti Orloff
Le plus juste est d’aller vers des accompagnements sobres : purée maison, haricots verts, carottes glacées ou pommes de terre rôties. Une garniture trop riche alourdit vite l’ensemble, car le plat apporte déjà sa part de sauce et de fromage.
Comptez une à deux tranches garnies par personne selon l’appétit et l’accompagnement choisi. Pour le service, soulevez les parts avec une spatule plate plutôt qu’avec une fourchette seule : les tranches restent mieux en place.
Préparer à l’avance et réchauffer
Le rôti Orloff peut se préparer en partie avant le repas. Vous pouvez faire la première cuisson, l’entailler et le garnir quelques heures plus tôt. Gardez-le au frais, puis terminez la cuisson au dernier moment. C’est souvent plus confortable pour recevoir.
Le lendemain, conservez-le entier avec un peu de jus, bien couvert. Pour le réchauffer, remettez-le dans un plat avec quelques cuillères de bouillon ou de crème détendue, puis passez-le au four doux. Une chaleur trop forte dessèche vite le veau et fait glisser la garniture.
Si vous aimez les plats de veau de tradition française, vous pouvez aussi regarder la blanquette de veau à l’ancienne, le sauté de veau Marengo ou encore le jarret de veau braisé aux légumes anciens, qui vont vers des cuissons et des textures très différentes.
Commentaires
Très familial comme plat. Servi avec des haricots verts, bon équilibre.
Je n'avais pas d'emmental, mis du comté à la place. Très bon aussi, goût un peu plus marqué.
Très gourmand, peut-être un peu riche pour nous au quotidien mais pour un dimanche c’est parfait. Avec des haricots verts ça passait très bien.
J'avais peur que ce soit sec et au final pas du tout. J'ai arrosé 2 fois avec le jus pendant la cuisson.
Plutôt réussi malgré mon four qui chauffe fort. La prochaine fois je mettrai un peu plus de jus au départ.
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