Le jarret de veau demande du temps, mais la recette est assez simple à mener. En cuisson lente, la viande s’attendrit peu à peu, la moelle parfume le jus, et les légumes cuisent sans partir en purée. C’est un plat de cocotte franc, avec une sauce courte et des goûts nets.
Ici, la garniture reste sobre : carottes, panais et petits oignons. L’ensemble est plus rustique qu’une blanquette de veau à l’ancienne, moins marqué par la tomate qu’un osso buco de veau à la française, et plus centré sur le jus qu’un sauté de veau Marengo. La base ne change pas : bien faire dorer, mouiller sans excès, puis cuire doucement.
Choisir le jarret et préparer les légumes
Prenez des tranches de jarret assez épaisses, de taille régulière, avec l’os au centre si possible. Des morceaux trop fins ont tendance à sécher sur les bords avant d’être tendres au cœur. Pour 4 personnes, comptez une tranche par assiette.
Les carottes et les panais doivent être coupés en gros tronçons. Ils tiendront mieux pendant les 2 heures de cuisson. Si les panais sont très gros, retirez le cœur s’il paraît fibreux. Les petits oignons peuvent être laissés entiers, ce qui leur permet de garder leur forme.
Le liquide de cuisson doit rester mesuré. Un fond de veau donnera un jus plus serré, mais un bon bouillon convient aussi. L’important est de braiser, pas de faire bouillir la viande dans trop de liquide.
Bien démarrer la cuisson
Avant de faire dorer le jarret, séchez bien les morceaux puis farinez-les très légèrement. Cette fine pellicule aide à la coloration et donnera un peu de corps au jus en fin de cuisson, sans le rendre lourd.
Faites chauffer la cocotte avec l’huile et le beurre. Saisissez les tranches sans les entasser, 4 à 5 minutes par face, jusqu’à une belle couleur blonde à brune. Si besoin, procédez en deux fois. Cette étape compte beaucoup dans le goût du plat.
Une fois la viande retirée, faites revenir l’oignon et l’ail quelques minutes, puis ajoutez le concentré de tomate. Laissez-le cuire brièvement pour enlever son goût cru. Déglacez ensuite au vin blanc en grattant bien les sucs au fond de la cocotte.
Une cuisson lente, sans gros bouillons
Remettez le jarret dans la cocotte avec le bouquet garni et le fond de veau ou le bouillon. Le liquide doit arriver à mi-hauteur de la viande, pas plus. Couvrez, puis laissez cuire 1 heure à feu doux ou au four.
Ajoutez ensuite les carottes, les panais et les petits oignons, puis poursuivez la cuisson encore 1 heure. Ce décalage permet aux légumes de rester en place. Les petits oignons, surtout, supportent mieux ainsi la cuisson.
Pendant le braisage, cherchez un frémissement discret. Si le liquide bout franchement, la viande se resserre et le jus devient moins net. Le bon repère en fin de cuisson : une lame de couteau doit entrer facilement près de l’os. La chair doit être tendre, mais encore se tenir au service.
Finir le jus sans le charger
Quand le jarret est cuit, retirez la viande et les légumes avec précaution. Faites réduire le jus quelques minutes à découvert si vous le trouvez trop fluide. Il doit napper légèrement la cuillère, sans devenir épais.
Goûtez avant de resaler. Avec la réduction, l’assaisonnement monte vite. Si la surface est un peu grasse, retirez-en une partie à la cuillère pour garder une sauce plus propre en bouche.
Remettez enfin la viande et les légumes dans la cocotte 2 à 3 minutes pour les réchauffer et les enrober. Évitez de trop remuer : un jarret bien cuit reste délicat.
Avec quoi le servir
Le plat se suffit presque à lui-même avec les légumes de cuisson. Si vous ajoutez un accompagnement, mieux vaut rester discret : pommes vapeur, purée maison souple, ou tagliatelles fraîches. Une purée trop dense absorberait trop le jus.
Vous pouvez aussi remplacer une partie des panais par un peu de céleri-rave. Des champignons poêlés ajoutés à la fin marchent bien aussi, à condition de ne pas trop charger la garniture. Le goût du jarret et du jus doit rester au premier plan.
Préparer à l’avance et réchauffer
Ce plat gagne souvent à reposer une nuit. Laissez-le tiédir, puis gardez la viande dans son jus au frais. Le lendemain, la graisse figée en surface s’enlève facilement.
Pour réchauffer, faites-le doucement, à couvert, sur feu bas ou au four. Si le jus a trop réduit, ajoutez un peu d’eau ou de bouillon. Évitez le feu vif : la sauce accroche vite et la viande peut se défaire.
Commentaires
Très bon résultat en cocotte en fonte. J'ai ajouté un peu de thym en plus et servi avec une petite purée, nickel.
Je me demandais si on peut faire une partie de la cuisson au four pour éviter de surveiller la cocotte ?
Recette suivie presque à la lettre, sauf un trait de vin blanc en plus. Franchement très bon.
Je l'ai préparé la veille et réchauffé le lendemain, encore meilleur je trouve. Pratique pour un repas de famille.
Un peu long mais ça vaut le coup. La maison sentait bon tout l'aprem.
Laisser un commentaire