La choucroute garnie demande du temps, mais la préparation reste assez simple. Le point à surveiller, c’est la cuisson. Le chou doit mijoter longtemps sans sécher. Les viandes doivent cuire doucement pour rester tendres. Les pommes de terre, elles, s’ajoutent plus tard pour ne pas se défaire. Quand l’équilibre est bon, on retrouve un plat franc, avec le goût du chou, le salé des viandes et un jus court, bien parfumé.
Cette version reste sur une base classique : choucroute crue, palette demi-sel, poitrine de porc demi-sel, saucisse de Montbéliard et saucisses de Strasbourg. Le vin blanc sec, les baies de genièvre, le laurier et un peu de thym suffisent largement. Inutile d’en faire plus.
Choisir une bonne base
Le plus simple est d’acheter une choucroute crue déjà préparée. Prenez le temps de la sentir, ou de la goûter si possible. Certaines sont très acides. Dans ce cas, un rinçage rapide à l’eau froide peut être utile. Pas plus, sinon le chou perd du goût.
Pour les viandes, la palette apporte la matière et reste moelleuse après une longue cuisson. La poitrine parfume le chou et enrichit le jus. La Montbéliard supporte bien la dernière partie de cuisson. Les saucisses de Strasbourg sont plus fragiles : mieux vaut les pocher à part ou les ajouter tout à la fin, sinon elles éclatent.
Pour le vin, restez sur un blanc sec. Un vin d’Alsace convient très bien, mais n’importe quel blanc sec net fera l’affaire. Évitez surtout un vin moelleux ou trop fruité.
Bien lancer la cuisson
Commencez par faire suer l’oignon dans la graisse de canard, à feu doux. Il doit devenir souple, sans prendre de couleur. Ajoutez ensuite l’ail écrasé, puis une première couche de choucroute. Répartissez au milieu le laurier, le thym, les clous de girofle et les baies de genièvre. Posez la palette et la poitrine, puis recouvrez avec le reste du chou.
Versez le vin blanc et un peu d’eau au fond de la cocotte. Le liquide ne doit pas noyer le chou. Il faut juste de quoi lancer une cuisson humide et régulière. Couvrez, puis laissez mijoter à feu très doux. Si la cocotte bout franchement, baissez le feu. Une cuisson trop vive durcit les viandes salées et abîme la texture du chou.
Les repères pendant le mijotage
Pendant la cuisson, remuez le moins possible. Soulevez juste un peu le chou de temps en temps pour vérifier que le fond n’accroche pas. S’il manque de liquide, ajoutez-en un peu, toujours chaud. Le chou doit rester souple et humide, pas flotter dans le jus.
Après environ 1 h 30, la palette commence à s’attendrir. C’est le bon moment pour ajouter les pommes de terre et la saucisse de Montbéliard. Choisissez des pommes de terre à chair ferme : elles tiennent mieux et gardent une bonne texture au service.
Les saucisses de Strasbourg se réchauffent à part dans une eau très chaude, sans ébullition, pendant une dizaine de minutes. Vous pouvez aussi les glisser dans la cocotte pour les 10 dernières minutes, mais il faut rester doux sur le feu.
Si vous aimez les plats de chou mijotés, vous pouvez aussi regarder la pintade au chou à l’ancienne ou le petit salé aux lentilles.
Assaisonnement et texture
Le sel demande un peu d’attention. Entre la palette, la poitrine et les saucisses, le plat est souvent assez assaisonné. Goûtez le chou en fin de cuisson avant d’en ajouter. En revanche, un peu de poivre noir fraîchement moulu trouve bien sa place au dernier moment.
Le chou doit être fondant, mais garder un peu de tenue. Si le fond de jus est trop abondant, laissez réduire quelques minutes sans couvercle. S’il manque d’humidité, ajoutez un petit verre d’eau chaude. Cherchez un ensemble souple, avec juste assez de jus pour servir sans sécher.
Service, variantes et conservation
Pour servir, disposez d’abord le chou bien chaud, puis les pommes de terre. Coupez la palette et la poitrine en morceaux, ajoutez les saucisses, et servez la moutarde à part. Chacun se sert comme il veut, sans couvrir le goût du chou.
La choucroute se prépare très bien à l’avance. Réchauffée le lendemain à feu doux, elle est souvent plus harmonieuse. Dans ce cas, gardez les saucisses de Strasbourg à part jusqu’au réchauffage.
Vous pouvez adapter la garniture selon ce que vous avez : un jarret demi-sel à la place d’une partie de la palette, ou des knack d’Alsace à la place des Strasbourg. Mieux vaut simplement éviter d’accumuler trop de viandes. Le chou doit rester au centre du plat.
Pour rester dans la même famille de recettes mijotées, vous pouvez aussi voir le baeckeoffe traditionnel aux trois viandes ou le porc au cidre et aux pommes à la normande.
Une fois refroidie, la choucroute se garde 2 jours au réfrigérateur dans un récipient fermé. Réchauffez-la doucement avec un petit fond d’eau si besoin. La congélation marche correctement pour le chou et les viandes. Les pommes de terre supportent moins bien ce passage au froid.
Commentaires
Plutôt réussi, mais la prochaine fois je dessalerai un peu plus le chou. Sinon la texture était top.
Merci pour les repères de cuisson, c'est ce qui me manquait. Mon chou était fondant sans être tout mou.
Testée pour un repas de famille, rien à redire. J'ai ajouté une baie de genièvre en plus parce qu'on aime bien ça ici.
Recette suivie presque à la lettre, cuisson nickel. Les pommes de terre étaient bien prises en goût sans partir en purée.
Repas familial ce midi, tout le monde s'est resservi. C'est rare avec mes ados donc je note l'exploit.
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