Le civet de chevreuil demande surtout du temps. La méthode reste assez simple : une marinade la veille, une bonne coloration, puis une cuisson lente jusqu’à ce que la viande soit souple. Ce qui compte, c’est de garder une sauce nette, bien liée, sans lourdeur.
On retrouve l’esprit d’un coq au vin traditionnel ou d’un boeuf bourguignon traditionnel, avec un goût plus franc. Le chevreuil supporte bien le vin rouge, mais il faut rester mesuré sur les aromates pour ne pas brouiller le plat.
Les bons morceaux et un vin rouge sec
Pour ce type de cuisson, choisissez des morceaux qui tiennent bien en cocotte : épaule, collier ou cuissot détaillé en gros cubes. La viande doit pouvoir mijoter longtemps sans sécher. Les lardons ont aussi leur place ici : ils apportent un peu de gras et renforcent le fond de sauce.
Côté vin, prenez un rouge sec avec un peu de tenue, sans excès de bois. Un côtes-du-rhône, un bourgueil, un cahors souple ou un rouge du Languedoc conviennent bien. Un vin trop léger donnera une sauce un peu creuse. À l’inverse, un vin trop tannique peut durcir l’ensemble, surtout après une longue marinade.
La garniture aromatique reste classique : carottes, oignons, ail, thym, laurier, et quelques baies de genièvre si vous aimez leur note légèrement résineuse. Mieux vaut en mettre peu que trop. Le chevreuil se suffit largement à lui-même.
Pourquoi faire mariner
La marinade sert à attendrir légèrement la viande et à préparer la base de cuisson. Une nuit suffit dans la plupart des cas. Au-delà, le vin peut prendre trop de place et donner une sauce plus dure.
Le lendemain, égouttez bien les morceaux et séchez-les soigneusement. C’est un point important : une viande humide ne colore pas bien et rend de l’eau dans la cocotte. Or les sucs de coloration donnent beaucoup de profondeur à la sauce.
Il faut aussi filtrer la marinade. Le liquide est utile pour la cuisson, mais les légumes ont déjà beaucoup donné. Vous pouvez les faire revenir pour une version plus rustique, ce qui est le choix retenu ici. Si vous cherchez une sauce plus lisse, passez-la en fin de cuisson.
Une cocotte, de la patience, et pas de feu trop fort
Commencez par les lardons, puis faites colorer la viande en plusieurs fois. La cocotte ne doit pas être trop remplie. Les morceaux doivent brunir franchement sur les faces, pas cuire dans leur jus. Cette étape prend un peu plus de temps, mais elle change le goût du civet.
Ajoutez ensuite les légumes de la marinade, laissez-les revenir quelques minutes, puis saupoudrez de farine. Il en faut peu : juste assez pour donner de la tenue à la sauce avec la réduction. Versez ensuite la marinade filtrée et le fond brun en grattant bien le fond de la cocotte.
La cuisson doit rester douce, à petits frémissements. Si le liquide bout trop fort, la viande se raffermit et la sauce devient moins nette. Au bout de deux heures environ, commencez à vérifier la texture. Le chevreuil doit être tendre, mais les morceaux doivent encore se tenir.
Petits oignons et champignons à part
Les petits oignons grelots gagnent à être cuits séparément avec un peu de beurre et d’eau, jusqu’à ce qu’ils soient tendres et brillants. Ils gardent ainsi leur forme et leur goût. Les champignons aussi sont meilleurs poêlés à part : ils rendent leur eau dans la poêle, pas dans la sauce.
Ajoutez-les seulement en fin de cuisson, pour les 20 dernières minutes. Ils se mêlent au civet sans l’allonger ni affadir la sauce.
Comment finir la sauce
Quand la viande est cuite, regardez d’abord la consistance de la sauce. Si elle est encore trop fluide, retirez les morceaux et faites réduire quelques minutes à découvert. Elle doit napper légèrement la cuillère, sans devenir épaisse ni farineuse.
Goûtez avant de saler. Les lardons et la réduction concentrent déjà l’assaisonnement. Un peu de poivre fraîchement moulu suffit souvent à réveiller l’ensemble. Si vous aimez une présentation plus nette, passez la sauce avant de remettre viande, lardons, oignons et champignons.
Servez ce civet avec une purée de pommes de terre, des tagliatelles fraîches, une purée de céleri-rave ou quelques pommes vapeur. Il supporte très bien d’être préparé la veille : après une nuit au frais, les goûts se posent et la sauce gagne en tenue. Réchauffez-le doucement, en ajoutant un trait d’eau ou de fond si besoin.
Dans le même esprit, vous pouvez aussi préparer un civet de sanglier traditionnel pour un goût plus marqué, ou une estouffade de boeuf à l’ancienne si vous cherchez une sauce plus douce.
Commentaires
Recette suivie presque à la lettre, viande bien fondante. Par contre j'ai dû prolonger de 25 min chez moi.
J'ai ajouté quelques champignons en fin de cuisson, c'était très bien avec le chevreuil.
Très bon plat d'hiver. J'ai remplacé les lardons par de la poitrine fumée, un peu plus rustique mais nickel.
Cuisson un peu plus longue chez moi, presque 30 min de rab en fin de mijotage. Le chevreuil était un peu ferme au départ.
Très bon plat d'hiver. Je l'ai préparé la veille et réchauffé le lendemain, encore meilleur.
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