Le faisan demande un peu d’attention à la cuisson. En cocotte, avec du chou, il sèche moins vite et garde mieux son moelleux. Cette version reste très classique : quelques lardons, de l’oignon, de la carotte, un peu d’ail, puis une cuisson douce avec juste assez de bouillon pour nourrir le chou sans transformer le plat en potée.
Le point important, c’est l’équilibre. Le chou doit être fondant mais encore présent. Les lardons apportent du gras et du sel, sans couvrir le goût du gibier. Le jus doit rester court, presque serré, pour enrober les légumes et les morceaux de faisan sans faire une sauce lourde.
Choisir les bons produits
Un faisan entier vidé de taille moyenne convient bien pour quatre personnes, surtout s’il est accompagné de pommes vapeur ou de pain. Si l’oiseau paraît très maigre, les lardons et un peu de beurre suffisent à compenser. Un faisan jeune cuira plus régulièrement. S’il est plus ferme, comptez quelques minutes de plus et surveillez le fond de cocotte.
Pour le chou, prenez un chou vert bien serré, lourd, avec des feuilles fraîches. Coupez-le en larges lanières plutôt qu’en fine chiffonnade : il se tient mieux à la cuisson et garde de la mâche. Le blanchir avant de l’ajouter dans la cocotte change vraiment le plat : il devient plus souple, rend moins d’eau et son goût reste plus propre.
Les lardons fumés vont bien avec le faisan, à condition de ne pas forcer. Le fumé doit soutenir le plat, pas dominer. Même chose pour les aromates : une feuille de laurier et quelques baies de genièvre suffisent largement.
Bien démarrer la cuisson
Commencez par préparer tous les éléments. Le chou blanchi et bien égoutté d’un côté, les légumes taillés, le faisan séché. Cette étape évite de bousculer la cuisson ensuite, car le dorage de l’oiseau demande un peu de régularité.
Faites d’abord revenir les lardons dans la cocotte. Quand ils ont rendu une partie de leur gras, ajoutez un peu de beurre si besoin, puis faites dorer le faisan sur toutes ses faces. Cherchez une belle couleur blonde à noisette, pas une peau trop foncée. Cette première coloration donne du goût au jus et protège un peu la chair pendant la suite.
Retirez ensuite le faisan et faites suer l’oignon, les carottes et l’ail dans la même cocotte. Il faut ramollir les légumes et décoller doucement les sucs, sans les brûler. Ajoutez le chou, le laurier et les baies de genièvre, mélangez brièvement, puis remettez le faisan par-dessus.
Une cuisson lente et surveillée
Versez le bouillon sans noyer le tout. Il faut un fond de liquide, pas plus. Le faisan doit cuire avec la vapeur de la cocotte et l’humidité du chou, pas bouillir dans le bouillon. Salez légèrement seulement au départ, à cause des lardons, puis poivrez.
Couvrez et laissez mijoter à feu doux 45 à 50 minutes. Le bon rythme, c’est un frémissement discret. Si la cuisson s’emballe, la poitrine du faisan va se raffermir trop vite. À mi-cuisson, ouvrez, arrosez l’oiseau avec le jus et vérifiez le fond. Si la cocotte sèche, ajoutez un peu de bouillon chaud. S’il y a trop de liquide en fin de cuisson, retirez le couvercle quelques minutes.
Le repère le plus fiable reste la cuisse : elle doit céder assez facilement quand on la sollicite. La chair doit rester tenue, sans devenir filandreuse. Le chou, lui, doit être souple, brillant, bien imprégné du jus, sans virer à la purée.
Découpe, jus et service
Quand le faisan est cuit, sortez-le de la cocotte et laissez-le reposer quelques minutes avant de le découper. Pendant ce temps, regardez le fond : parfois il n’y a rien à faire, parfois deux ou trois minutes à découvert suffisent pour resserrer le jus. Goûtez avant de rectifier l’assaisonnement. Souvent, un peu de poivre fraîchement moulu suffit.
Servez les morceaux sur le chou, avec les lardons et un peu de jus. Des pommes vapeur, des pommes de terre nature ou un bon pain accompagnent très bien ce plat. Mieux vaut rester sobre autour : le chou et le jus font déjà une grande partie de l’accompagnement.
Deux ou trois ajustements possibles
Vous pouvez remplacer une petite partie du bouillon par un trait de vin blanc sec si vous aimez un fond un peu plus vif. Gardez la main légère pour ne pas masquer le faisan. Si vous préférez un plat plus rustique, ajoutez quelques petites pommes de terre en fin de cuisson, à condition qu’il y ait assez de jus pour les cuire.
Le plat peut aussi se préparer quelques heures à l’avance. Dans ce cas, réchauffez très doucement, couvert, avec un petit fond de bouillon si nécessaire. Le chou supporte bien l’attente. Le faisan, lui, demande surtout de ne pas être brusqué.
Si vous aimez ce type de préparation, vous pouvez aussi regarder la pintade au chou à l’ancienne, dans le même esprit, ou aller vers des plats plus appuyés comme le coq au vin traditionnel et le civet de sanglier traditionnel.
Commentaires
Je l'ai fait pour changer du poulet mijoté, et ça change vraiment. Le côté ancien me parle bien.
Chez nous les enfants ont surtout mangé le chou et c'est déjà une victoire :) Le faisan est resté moelleux, bonne surprise.
Recette bien expliquée. Le jus était super net, ça change des plats au chou trop lourds.
Question cuisson : vous couvrez tout le long ou vous découvrez sur la fin ? Le goût était top mais j'aurais aimé un jus un peu plus réduit.
J'ai mis moitié chou vert moitié chou frisé parce que j'avais ça. Franchement très bon, plat du soir bien réconfortant.
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