La fricassée de poulet à l’ancienne est un plat de cocotte assez direct dans son principe : on fait revenir le poulet sans le faire brunir, on mouille avec un peu de bouillon, puis on termine avec une liaison à la crème et au jaune d’œuf. La sauce reste claire, souple, et enrobe bien les morceaux. L’esprit est proche d’une blanquette, avec une cuisson plus courte et le goût plus franc du poulet.
Le choix des morceaux compte. Un poulet découpé en 8 fonctionne très bien, mais on peut aussi cuisiner seulement des cuisses et des hauts de cuisse. Ces morceaux restent moelleux et supportent bien le mijotage. Les blancs demandent plus d’attention : ils cuisent vite et peuvent sécher si on les laisse trop longtemps dans la cocotte.
Les bons produits pour garder l’esprit du plat
Les champignons de Paris sont les plus classiques ici. Prenez-les fermes, avec une chair nette. S’ils sont petits, laissez-les entiers ou coupez-les en deux ; s’ils sont plus gros, passez-les en quartiers. Les petits oignons grelots apportent la touche attendue dans une fricassée à l’ancienne. Frais ou surgelés, les deux conviennent.
Le bouillon de volaille sert à cuire doucement, pas à noyer la préparation. Il faut juste assez de liquide pour former la sauce et attendrir le poulet. L’oignon piqué de clous de girofle et le bouquet garni donnent du fond sans alourdir. Ce sont des détails discrets, mais ils font la différence dans un plat aussi sobre.
Pour la finition, mieux vaut une crème fraîche entière. Avec le jaune d’œuf, elle donne une sauce liée mais pas épaisse. C’est ce qui distingue la fricassée d’un simple poulet à la crème. Un peu de citron en fin de cuisson peut apporter un léger contrepoint, à condition d’en mettre peu.
Le départ en cocotte
Avant de commencer, séchez les morceaux de poulet. Dans la cocotte, faites chauffer beurre et huile, puis ajoutez le poulet. Le but n’est pas de le griller. Il doit juste se raffermir et prendre une teinte légère. Si le fond colore trop vite, baissez le feu. Une base trop foncée donnerait une sauce moins nette.
Ajoutez ensuite les petits oignons, puis les champignons. Laissez-les cuire quelques minutes pour qu’ils rendent leur eau. S’ils sont trop serrés dans la cocotte, ils vont cuire dans leur jus. Mieux vaut leur laisser un peu de place et prendre le temps de cette étape.
La farine vient après. Une petite quantité suffit : elle ne doit pas former une pâte, seulement enrober légèrement les morceaux et le fond de cuisson. Remuez une minute avant de verser le bouillon pour éviter le goût de farine crue.
Une cuisson douce, sans précipiter
Dès que le bouillon est versé, gardez un frémissement discret. Une cuisson trop vive durcit le poulet et trouble la sauce. Couvrez partiellement pour laisser un peu d’évaporation sans faire réduire trop vite.
Comptez une petite demi-heure de mijotage dans la plupart des cas. Le bon repère, c’est une chair tendre autour de l’os, sans qu’elle se défasse. Si vous utilisez des morceaux de tailles différentes, retirez les plus petits un peu avant la fin et laissez les autres terminer tranquillement.
Avant la liaison, retirez l’oignon piqué et le bouquet garni. La sauce sera plus propre au service, et le goût restera net.
Réussir la liaison crème et jaune d’œuf
C’est l’étape qui demande le plus d’attention. Mélangez la crème et le jaune d’œuf dans un bol, puis ajoutez un peu de jus chaud de la cocotte pour tempérer. Reversez ensuite ce mélange dans la cocotte hors du feu, ou sur feu très doux. Remuez doucement, puis arrêtez dès que la sauce devient lisse et légèrement nappante.
Après cette liaison, la préparation ne doit plus bouillir. Sinon, le jaune d’œuf peut cuire trop vite et la sauce perdra sa souplesse. Si elle paraît un peu trop épaisse, ajoutez une ou deux cuillerées de bouillon chaud. Si elle est encore trop fluide, faites plutôt réduire le jus avant la liaison, pas après.
Service, accompagnements et réchauffage
Servez la fricassée bien chaude avec du riz blanc, des tagliatelles fraîches ou des pommes vapeur. Une purée maison va aussi très bien, surtout pour profiter de la sauce. Mieux vaut éviter un accompagnement trop marqué qui prendrait le dessus.
Quelques variantes sont possibles, mais il vaut mieux rester dans le même registre. On peut mélanger les champignons de Paris avec un peu de pleurotes, à condition de garder une saveur discrète. Si vous cherchez un plat plus boisé ou plus marqué par le vin, il faut aller vers une autre recette.
La fricassée se réchauffe bien le lendemain. Faites-le à feu doux, sans ébullition. Si la sauce a épaissi au froid, allongez-la avec un peu de bouillon ou d’eau chaude. Le repos d’une nuit arrondit souvent encore un peu l’ensemble.
Commentaires
Le genre de recette qu'on garde. J'ai utilisé des champignons bruns, goût top.
Chez nous ça a plu, sauf aux petits oignons que mes enfants ont triés lol. Le poulet était bien tendre.
Fait avec des cuisses au lieu des blancs, résultat très moelleux. Par contre cuisson un peu plus longue chez moi.
Très bon plat du dimanche. Les petits oignons donnent vraiment le goût "à l'ancienne".
J'ai ajouté un trait de citron en fin de cuisson, pas traditionnel sûrement, mais ça réveillait la sauce.
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