Le paleron de veau se prête très bien à la cuisson lente en cocotte. C’est un morceau qui a besoin de temps, mais il garde du moelleux et donne un plat franc, sans lourdeur. Les carottes cuisent dans le jus, prennent le goût de la viande et restent bien en place si on les coupe assez gros.
Ici, on est sur un braisé clair, pas sur une blanquette ni sur un sauté. Le fond de cuisson est mouillé au vin blanc sec et au bouillon léger, puis réduit en fin de cuisson pour garder un jus blond. Si vous aimez ce type de préparation, vous pouvez aussi voir le jarret de veau braisé aux légumes anciens ou le sauté de veau aux carottes à l’ancienne, qui donnent un rendu différent.
Le bon morceau et des légumes qui tiennent
Demandez au boucher un paleron coupé en gros morceaux réguliers. C’est plus sûr pour une cuisson homogène. Des morceaux trop petits colorent vite mais sèchent plus facilement pendant le braisage. Comptez des morceaux d’environ 5 cm.
Prenez des carottes fermes, plutôt épaisses, à couper en tronçons ou en rondelles larges. Elles garderont mieux leur tenue. Les oignons jaunes suffisent largement pour bâtir le jus. L’ail reste en arrière-plan, mais il apporte de la profondeur. Pour le vin, restez sur un blanc sec simple, sans note boisée marquée.
Le bouillon doit rester discret. Un fond trop corsé écrase le veau et fonce la sauce. Un bouillon de volaille clair convient bien.
Soigner le départ de cuisson
Séchez la viande avant de la fariner. Il faut juste un voile de farine, pas davantage. Cela aide à faire accrocher une légère coloration et donne un peu de tenue au jus.
Faites dorer les morceaux dans une cocotte assez large, en plusieurs fois si besoin. S’ils sont entassés, ils rendent de l’eau et ne prennent pas de couleur. Cherchez une teinte blonde soutenue. Le veau ne doit pas brunir fortement.
Après avoir réservé la viande, faites revenir les oignons dans la même cocotte. Prenez le temps de gratter les sucs. Ajoutez l’ail, puis le vin blanc. Laissez réduire pour que l’alcool s’évapore et que le fond de cuisson se concentre un peu avant de remettre la viande.
Une cuisson douce et régulière
Le liquide doit monter aux deux tiers des morceaux, pas plus. On ne cherche pas une viande noyée dans le bouillon. Couvrez, puis laissez cuire à petit frémissement, sur feu très doux ou au four à 160°C.
Vous pouvez mettre les carottes dès le début si vous les aimez très tendres. Pour des morceaux un peu plus fermes, ajoutez-les après 40 à 45 minutes. Dans les deux cas, surveillez le niveau de liquide en cours de cuisson. S’il baisse trop, ajoutez un peu de bouillon chaud.
Le bon repère, c’est la texture de la viande. Une lame doit entrer facilement, sans que le morceau se défasse. Selon l’épaisseur, 1 h 30 peut suffire, mais il faut parfois 15 minutes de plus.
Réduire le jus sans le charger
Quand la viande est cuite, retirez les morceaux et les carottes. Enlevez le bouquet garni, puis laissez réduire le jus quelques minutes à découvert. Il doit devenir plus court et plus brillant, tout en restant clair.
Goûtez avant de saler à nouveau. La réduction concentre vite l’assaisonnement. Vous pouvez passer le jus si vous voulez une sauce plus nette, ou le garder tel quel avec les oignons fondus pour un service plus rustique.
Une petite noix de beurre froid, ajoutée hors du feu, apporte un peu de souplesse à la sauce. Ce n’est pas indispensable, mais cela convient bien à ce type de braisé.
Avec quoi le servir
Des pommes de terre vapeur, une purée maison ou des tagliatelles fraîches accompagnent bien ce paleron. Le riz convient aussi si vous voulez quelque chose de plus neutre. Mieux vaut éviter un accompagnement trop marqué, pour laisser la place au jus et aux carottes.
Ce plat supporte bien une préparation en avance. Réchauffez-le doucement, cocotte couverte, avec un trait d’eau ou de bouillon si le jus a trop épaissi au froid. Conservez les restes 2 jours au réfrigérateur.
Si vous cherchez une sauce plus liée, regardez aussi la blanquette de veau à l’ancienne. Pour une version plus sombre, le paleron de veau braisé aux champignons part sur un autre registre.
Commentaires
Testée hier soir, goût très doux comme annoncé. Par contre chez moi il a fallu saler un peu plus en fin de cuisson.
Fait ce midi en cocotte fonte, les carottes étaient super fondantes. J'ai juste laissé 15 min de plus pour que le paleron se détache mieux.
fait en batch cooking pour 2 soirs, encore meilleur le lendemain. Cuisson douce nickel, rien de compliqué.
Mes enfants ont mangé les carottes sans râler, c'est déjà une victoire :) Veau bien moelleux.
Question bête peut etre: on peut préparer la veille et réchauffer sans que la viande se dessèche ? J'aimerais le faire pour un repas de famille.
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