Le jarret est un morceau qui aime le temps. En cuisson longue, la chair s’attendrit, les fibres se relâchent et le jus prend de la profondeur. Avec la bière et les oignons, on va vers une sauce brune, un peu corsée, qui accompagne très bien des pommes de terre, des pâtes fraîches ou du chou.
La recette se fait en cocotte, au four ou sur feu très doux. Il n’y a pas de difficulté particulière, mais deux points comptent vraiment : bien colorer la viande au départ, puis garder une cuisson calme jusqu’à ce qu’elle soit tendre près de l’os.
Quel jarret choisir
Pour 4 personnes, comptez un gros jarret arrière ou deux plus petits. Mieux vaut un morceau bien charnu, avec sa couenne. Un jarret trop maigre donne une viande moins souple et un jus moins riche.
Si votre boucher peut le ficeler, c’est pratique pour garder une forme régulière pendant la cuisson. Ce n’est pas obligatoire, mais c’est plus simple au moment de le retourner et de le servir.
Bière, oignons et base de cuisson
Prenez une bière blonde ou ambrée, avec du goût mais sans amertume trop marquée. Une bière trop houblonnée domine vite la sauce et lui donne une pointe dure. Une bière de garde légère ou une ambrée douce conviennent bien.
Les oignons ont un vrai rôle ici. En cuisant lentement, ils fondent, adoucissent la bière et donnent de la tenue au jus. Coupez-les en lamelles assez épaisses : ils garderont un peu de texture au lieu de disparaître complètement.
Le bouillon sert surtout à accompagner le braisage. Il ne doit pas prendre le dessus. Versez-en juste assez pour cuire le jarret sans le recouvrir entièrement.
Bien démarrer la cocotte
Commencez par sécher le jarret, puis salez et poivrez. Faites-le dorer dans la cocotte avec un peu d’huile et de beurre. La coloration doit être nette sur plusieurs faces. C’est ce qui donnera du relief à la sauce.
Quand le jarret est bien marqué, retirez-le. Faites revenir les oignons dans la même cocotte avec une petite pincée de sel. Ils doivent blondir, ramollir et commencer à accrocher légèrement au fond. Ajoutez alors l’ail, le thym, le laurier et la moutarde.
Déglacez avec la bière en grattant bien les sucs. Remettez le jarret dans la cocotte, puis ajoutez le bouillon à mi-hauteur. Le liquide doit entourer la viande, pas la noyer.
Une cuisson douce et régulière
Couvrez et laissez braiser doucement. Au four, 160 °C convient bien. Sur le feu, gardez un frémissement discret. Si le liquide bout fort, la viande se raffermit et le jus devient plus trouble.
Retournez le jarret vers la moitié de la cuisson. Arrosez-le avec le jus et vérifiez le niveau de liquide. Si besoin, ajoutez un peu d’eau chaude ou de bouillon. Selon la taille du morceau, comptez en général entre 2 h 15 et 2 h 45.
Le bon repère reste la texture. Une lame doit entrer facilement près de l’os. La viande doit commencer à se détacher, tout en se tenant encore. Si elle résiste, prolongez par tranches de 15 minutes.
Si vous aimez ce type de cuisson, vous pouvez aussi regarder la joue de porc confite en cocotte ou le sauté de porc à la bière et aux oignons.
Comment ajuster le jus
En fin de cuisson, sortez le jarret et gardez-le au chaud sans le serrer. Retirez le thym et le laurier, puis faites réduire la sauce quelques minutes si elle paraît trop fluide. Les oignons doivent être très tendres et le jus légèrement nappant.
Si la surface est un peu grasse, enlevez-en une partie avant de réduire. Si la sauce paraît trop marquée, ajoutez un peu d’eau chaude. Si elle manque de relief, vous pouvez mettre une petite pointe de moutarde ou un très léger trait de vinaigre. Mieux vaut rester mesuré pour garder le goût de la bière et du porc.
Pour une sauce plus liée, mixez une petite louche d’oignons avec un peu de jus, puis reversez le tout dans la cocotte. Cela épaissit sans farine.
Avec quoi le servir
Les pommes de terre restent l’accompagnement le plus naturel : en purée, vapeur ou rissolées. Des tagliatelles fraîches vont aussi bien avec le jus réduit. Si vous servez du chou braisé, l’ensemble prend une allure plus alsacienne ou plus nordique, dans l’esprit d’une choucroute garnie traditionnelle.
Vous pouvez ajouter un peu de carotte dans la cocotte, mais sans en mettre trop pour ne pas sucrer la sauce. Quelques baies de genièvre vont bien aussi, surtout si le chou est au menu.
Si vous aimez les sauces plus relevées, ajoutez en fin de cuisson une cuillère de moutarde à l’ancienne. Pour un plat plus vif, la palette de porc à la diable suit une autre direction.
Préparer à l’avance et réchauffer
Le jarret peut se faire la veille. Laissez-le refroidir dans son jus, puis gardez-le au frais. Le lendemain, la graisse figée en surface s’enlève facilement.
Réchauffez doucement, couvert, avec un petit fond d’eau si la sauce a trop réduit. Évitez le feu fort : la viande doit juste revenir en température sans se défaire. Retournez le jarret une fois pendant le réchauffage pour qu’il reste bien enrobé de jus.
Commentaires
Refait le lendemain, encore meilleur. En sandwich chaud avec la sauce réduite c’était top.
La viande était tendre mais pas totalement confite chez moi, sans doute feu un peu trop fort au début. Le goût par contre tres bon.
Je n’avais qu’une bière ambrée, ça a très bien marché. Sauce bien brune, un peu rustique, exactement ce qu’on voulait.
Fait la veille et réchauffé le lendemain, encore meilleur. Pratique quand on reçoit.
Réalisé en batch cooking pour 2 repas, impec. J'ai dégraissé un peu la sauce avant de servir.
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