Le fricandeau de veau à l’oseille est un plat de cuisson douce. Il demande un peu de soin, surtout pour le jus et pour la garniture, mais la méthode reste claire. On fait d’abord braiser une pièce de veau avec quelques légumes et un peu de fond. L’oseille se prépare à part, très vite, juste avant le service.
C’est ce contraste qui fait l’intérêt du plat : d’un côté une viande moelleuse et un jus serré, de l’autre une note acide et verte qui allège l’ensemble. L’oseille ne doit pas mijoter longtemps. Si elle cuit trop, elle ternit et perd sa vivacité.
La bonne pièce de veau
Choisissez une noix ou une sous-noix de veau d’environ 1,2 kg, régulière et assez épaisse. Le quasi peut convenir aussi, mais il demande plus d’attention. Une pièce ficelée se tient mieux à la cuisson et se tranche plus proprement.
La viande doit être colorée doucement au départ. Inutile de la brunir fortement. Une teinte blonde suffit. Si la cocotte chauffe trop, les sucs foncent vite et le jus devient plus lourd qu’il ne devrait l’être.
Une base courte pour un jus net
Les légumes restent en second plan : carotte, oignon, céleri. Ils servent à soutenir la cuisson, pas à marquer le plat. Faites-les suer sans excès après avoir retiré la viande, puis ajoutez un peu de farine. Cette petite liaison aide le jus, à condition de cuire la farine une minute pour éviter son goût cru.
Le vin blanc sec apporte de la nervosité. Laissez-le presque s’évaporer avant d’ajouter le fond de veau. Il ne faut pas trop de liquide dans la cocotte : à peu près au tiers de la hauteur de la viande suffit. On est sur un braisage court, pas sur une viande noyée dans sa sauce.
Si vous aimez les cuissons du même genre, vous pouvez aussi regarder la blanquette de veau à l’ancienne ou le jarret de veau braisé aux légumes anciens, dans un registre plus rustique.
Une cuisson douce, sans bouillir
Le point important, c’est le rythme de cuisson. En cocotte couverte, au four modéré, le liquide doit juste frémir. S’il bout franchement, la viande se resserre et le fond se trouble. Retournez le fricandeau une fois en cours de cuisson et arrosez-le un peu.
Au bout d’environ une heure, vérifiez la cuisson avec la lame d’un couteau. Elle doit entrer facilement, sans que la viande se défasse. Le veau doit rester tendre, mais assez ferme pour être tranché nettement.
Réduire sans alourdir
Quand le veau est cuit, mettez-le de côté au chaud. Filtrez le jus en pressant légèrement les légumes, pas davantage. Ensuite, faites réduire doucement en casserole. Le bon point n’est pas une sauce épaisse : il faut un jus court, brillant, qui nappe un peu la cuillère.
Goûtez seulement à la fin avant de saler. Pendant la réduction, le fond se concentre vite. Un peu de beurre froid hors du feu peut arrondir le jus et lui donner plus d’éclat, mais sans le transformer en sauce lourde.
L’oseille au dernier moment
Lavez l’oseille, retirez les grosses côtes si elles sont épaisses, puis essorez-la bien. Si elle garde trop d’eau, elle va rendre du liquide au lieu de fondre proprement.
Faites-la tomber rapidement dans un peu de beurre, une à deux minutes sur feu moyen. Dès qu’elle réduit, ajoutez la crème fraîche, juste assez pour calmer son acidité. L’oseille doit rester souple et vive. Si elle attend trop, elle noircit et devient pâteuse.
Il vaut mieux la garder séparée du jus jusqu’au service. Le plat reste plus lisible dans l’assiette, et chacun des éléments garde sa place.
Service et accompagnements
Retirez les ficelles, tranchez le veau assez épais, puis posez-le sur l’oseille chaude ou servez celle-ci à côté. Versez un peu de jus sur la viande et présentez le reste en saucière. Des assiettes chaudes sont préférables.
Choisissez un accompagnement discret : pommes vapeur, riz pilaf, tagliatelles fraîches, petits légumes glacés ou purée fine. L’oseille apporte déjà assez de caractère.
Pour une autre version de veau plus liée, vous pouvez aller vers une fricassée de veau à l’ancienne. Si vous cherchez une sauce plus marquée, le veau à la moutarde à l’ancienne part dans une autre direction.
Préparer en avance
Le fricandeau peut être cuit un peu avant le repas. Gardez alors la viande avec une partie du jus, couverte, puis réchauffez très doucement. Évitez l’ébullition, surtout au moment du réchauffage. L’oseille, elle, gagne à être faite juste avant de servir.
Commentaires
Chez moi le jus avait réduit un peu trop vite, donc j'ai rajouté un fond d'eau en cours. Au final très bon.
Fait ce midi en cocotte, la viande était bien moelleuse. J'ai juste mis l'oseille au dernier moment sinon elle disparaît trop vite.
Je n'avais jamais cuisiné de fricandeau, finalement pas compliqué. Petite question: vous couvrez tout du long ou seulement au début ?
Question bête peut-être : on peut préparer la veille et réchauffer sans que l'oseille perde trop ?
Très vieux bistrot dans l'esprit, j'aime bien. J'ai remplacé une partie de l'oseille par des épinards parce que j'en avais pas assez, c'était très correct.
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