Ce sauté de veau change des versions aux carottes ou aux champignons, sans bousculer l’esprit de la cocotte. Les blettes s’y prêtent bien, à condition de séparer les côtes des feuilles. Les premières ont besoin de temps pour devenir tendres. Les secondes cuisent vite et finissent de lier le jus.
Le plat reste assez sobre. Le veau doit garder sa tenue, les oignons fondre dans la sauce, et le vin blanc apporter juste ce qu’il faut de fraîcheur. Rien de lourd ici : on cherche un jus blond, un peu lié, pas une sauce épaisse.
Choisir les bons produits
Pour la viande, prenez des morceaux de veau à mijoter : épaule, collier ou tendron. Il faut un peu de matière et de collagène pour que la cuisson douce fasse son travail. Des morceaux trop maigres risquent de sécher et donneront un ensemble moins souple.
Choisissez des blettes fermes, avec des côtes cassantes et des feuilles bien vertes. Les petites ou moyennes bottes sont souvent plus tendres. Dès le début, séparez bien les feuilles des côtes. Cela permet de respecter le temps de cuisson de chaque partie et d’éviter les blettes trop cuites.
Le vin blanc doit être sec et assez simple. Il sert surtout à décoller les sucs et à alléger le jus. Le bouillon, lui, doit rester léger. Mieux vaut en mettre juste assez puis ajuster si besoin en fin de cuisson.
Bien démarrer la cocotte
Avant de faire revenir le veau, séchez bien les morceaux. C’est important pour qu’ils colorent au lieu de bouillir. Faites-les dorer en plusieurs fois dans la cocotte, avec huile et beurre. Une coloration blonde suffit. Inutile d’aller vers une cuisson trop brune.
Les oignons cuisent ensuite dans la même cocotte. Ils doivent fondre doucement et récupérer les sucs laissés par la viande. L’ail vient après, brièvement, pour ne pas prendre une note amère. La farine sert seulement à donner un peu de corps au jus. Faites-la cuire une minute ou deux en remuant, sinon elle gardera un goût cru.
Déglacez avec le vin blanc, puis ajoutez le bouillon, le thym et le laurier. Le liquide doit presque couvrir la viande, sans la noyer. Salez avec retenue au départ : les blettes absorbent une partie de l’assaisonnement, mais le jus réduit aussi pendant la cuisson.
Cuisson douce, sans précipiter
Le point à surveiller, c’est l’intensité du feu. Le sauté doit frémir doucement, pas bouillir franchement. Si la cuisson est trop vive, le veau se resserre et perd en moelleux.
Après une première cuisson, ajoutez les côtes de blettes. Elles ont besoin d’une vingtaine de minutes pour s’attendrir sans se défaire. Les feuilles ne viennent qu’à la fin. Dix minutes suffisent généralement pour qu’elles tombent, se mêlent au jus et gardent encore un peu de goût.
En fin de cuisson, la viande doit se couper facilement, sans partir en fibres sèches. Les côtes de blettes doivent être tendres avec encore un peu de mâche. Le jus, lui, doit napper légèrement la cuillère. S’il semble trop fluide, laissez réduire quelques minutes à découvert. S’il a trop serré, ajoutez un peu d’eau chaude ou de bouillon.
Le bon équilibre du jus
Ce plat n’a pas besoin d’une sauce chargée. La farine reste discrète, les oignons donnent du fond, et les feuilles de blettes finissent d’apporter de la liaison. Si vous aimez un jus un peu plus rond, ajoutez une petite noix de beurre hors du feu, puis faites tourner la cocotte. Pas davantage.
Goûtez avant de servir. Un peu de sel en plus ou quelques tours de moulin peuvent suffire. Si le jus paraît trop doux, quelques gouttes de citron corrigent bien l’ensemble. Mieux vaut en mettre peu, puis regoûter.
Avec quoi le servir
Des pommes de terre vapeur vont très bien avec ce sauté, tout comme un riz blanc ou des pâtes fraîches. Une polenta souple convient aussi si vous aimez les plats en sauce. Gardez un accompagnement discret : les blettes ont déjà une saveur végétale assez marquée.
Dans le même esprit, vous pouvez aussi essayer le sauté de veau aux poireaux à l’ancienne, le sauté de veau aux artichauts à l’ancienne ou le sauté de veau aux navets à l’ancienne. La base est proche, mais chaque légume demande son propre rythme de cuisson.
Conservation et réchauffage
Le sauté se garde bien jusqu’au lendemain. La viande et le jus y gagnent souvent, même si les feuilles de blettes perdent un peu de relief. Si vous pensez le servir réchauffé, vous pouvez garder quelques feuilles crues de côté et les ajouter au dernier moment.
Réchauffez doucement en cocotte, avec un trait d’eau si le jus a épaissi au froid. Mélangez le moins possible pour garder les morceaux entiers.
Commentaires
On sent que les blettes sont ajoutées en deux temps pour une raison, c’est malin. Texture top.
Bon résultat mais j’ai dû laisser mijoter 15 min de plus, le veau était encore un peu ferme au premier essai.
Je ne cuis jamais les blettes pareil, là en deux temps c'est vraiment mieux. Les côtes gardent de la tenue.
Recette faite pour le repas du soir, tout le monde a fini son assiette. Même les enfants ont mangé les blettes sans râler.
Je l’ai fait avec ce que j’avais du jardin, blettes énormes... du coup cuisson adaptée. Très bon au final.
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