Ce sauté d’agneau se prépare en deux cuissons. La viande mijote en cocotte pendant que les haricots blancs cuisent à part, puis on les réunit à la fin. C’est la meilleure façon de garder des haricots entiers et un jus court, assez lié, qui enrobe bien la viande.
Le plat n’a pas le profil d’un navarin d’agneau printanier, plus marqué par les légumes, ni celui d’un agneau aux flageolets à l’ancienne, plus délicat. Avec les haricots blancs, on est sur quelque chose de plus franc, plus dense, avec une sauce moins abondante.
Les bons morceaux et les bons haricots
Pour ce type de cuisson, prenez de l’épaule, du collier, ou un mélange des deux. Ces morceaux deviennent tendres sans se dessécher. Demandez des cubes assez gros et réguliers. S’ils sont trop petits, ils cuisent trop vite et tiennent moins bien.
Côté haricots, les lingots ou les cocos secs conviennent bien. Un trempage de 12 heures aide à raccourcir la cuisson et à garder une texture plus régulière. Faites-les cuire doucement, sans gros bouillons, avec un oignon, une carotte et un bouquet garni. Salez plutôt vers la fin.
La base aromatique reste sobre : oignon, carotte, ail, un peu de concentré de tomate, du vin blanc sec et du bouillon. Il n’en faut pas plus. Le goût vient surtout de la viande, des sucs de cuisson et du temps passé en cocotte.
Bien colorer l’agneau
Le rissolage change vraiment le plat. Faites dorer la viande en plusieurs fois dans une cocotte bien chaude, avec un mélange d’huile et de beurre. Si vous mettez tout d’un coup, les morceaux rendent leur eau et prennent moins de couleur. Mieux vaut prendre un peu plus de temps à cette étape.
Quand l’agneau est bien saisi, réservez-le. Faites ensuite revenir l’oignon et la carotte dans la même cocotte. Les sucs collés au fond vont se dissoudre au moment du déglaçage. Ajoutez l’ail seulement à la fin, pour éviter qu’il colore trop. Le concentré de tomate doit aussi cuire un peu dans la matière grasse avant d’être mouillé : son goût sera plus net et moins cru.
Déglacez avec le vin blanc, remettez la viande, ajoutez le bouquet garni puis versez le bouillon sans noyer l’ensemble. La viande doit mijoter, pas bouillir. Un feu doux et un couvercle bien posé suffisent.
Une cuisson douce et surveillée
Comptez environ 1 h 15 à 1 h 30 pour l’agneau, selon la taille des morceaux et le morceau choisi. Le bon repère reste la texture : la pointe d’un couteau doit entrer sans résistance marquée, mais les cubes doivent encore se tenir.
Surveillez le niveau de liquide pendant la cuisson. Si le jus réduit trop, ajoutez un peu d’eau ou de bouillon, par petites quantités. S’il en reste trop en fin de cuisson, laissez découvrir quelques minutes. Le but n’est pas d’avoir une sauce abondante, mais un jus concentré, lié naturellement par les sucs et les légumes fondus.
Les haricots blancs doivent être cuits de leur côté jusqu’à être tendres sans s’ouvrir. Égouttez-les bien avant de les ajouter à la cocotte. C’est un point important : s’ils arrivent avec leur eau de cuisson, le jus perd vite en goût.
Réunir le plat au dernier moment
Ajoutez les haricots quand l’agneau est presque prêt. Dix à quinze minutes suffisent pour les réchauffer et les laisser s’imprégner du jus. Remuez avec précaution, ou secouez simplement la cocotte, pour éviter de casser les grains.
Goûtez à la fin. Les haricots absorbent une partie du sel, il faut souvent ajuster l’assaisonnement. Si le jus vous semble un peu trop fluide, écrasez une petite cuillerée de haricots avec un peu de jus et remettez-la dans la cocotte. Cela épaissit légèrement sans changer l’esprit du plat.
Servez dans des assiettes creuses, avec un peu de persil plat haché. Pas besoin d’en faire davantage. Le plat se suffit à lui-même.
Quelques repères utiles
Vous pouvez préparer ce sauté la veille. Réchauffez-le doucement, avec un petit trait d’eau si le jus a trop épaissi au froid. Faites-le juste revenir à frémissement pour ne pas abîmer les haricots.
Si vous aimez les variations autour de l’agneau mijoté, regardez aussi le sauté d’agneau aux navets à l’ancienne ou le sauté d’agneau aux petits pois à l’ancienne. Avec les haricots blancs, mieux vaut rester sur une garniture simple et une cuisson bien tenue.
On peut ajouter un clou de girofle dans l’oignon de cuisson des haricots, ou un petit morceau de couenne, mais ce n’est pas indispensable. En revanche, mieux vaut éviter les herbes trop marquées et les épices qui couvriraient le goût de l’agneau.
Commentaires
Plutôt bon, mais j'ai eu besoin d'un peu plus de jus en fin de cuisson. Mon agneau devait être plus maigre je pense.
Question bête peut etre : vous mettez des haricots déjà cuits ou juste trempés au départ ?
J'aime bien le principe de cuire les haricots séparément, on garde vraiment la texture. Souvent dans les plats mijotés ils finissent en purée.
Goût très sympa, assez traditionnel. J’ai remplacé une partie des haricots blancs par des flageolets, ça marche aussi.
Question bête peut-être : vous les faites tremper combien de temps les haricots blancs si on part de secs ?
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