La potée auvergnate se prépare dans une grande cocotte, avec des morceaux de porc demi-sel, un chou vert et quelques légumes qui cuisent ensemble dans le bouillon. C’est une recette de patience plus que de technique. Il faut surtout garder un feu doux et respecter l’ordre d’ajout des ingrédients pour que les viandes soient tendres et que les légumes restent entiers.
La base la plus courante réunit une palette demi-sel et un morceau de lard demi-sel. La palette apporte de la chair, le lard enrichit le bouillon. On ajoute souvent des saucisses de Montbéliard ou de Morteau en cours de cuisson. Elles parfument bien l’ensemble, à condition de ne pas les laisser trop longtemps dans la cocotte.
Comme les viandes sont salées à l’avance, mieux vaut commencer prudemment. Un bon rinçage sous l’eau froide est souvent suffisant. Si la viande semble très salée, un trempage d’une à deux heures aide à équilibrer le bouillon. Dans tous les cas, salez très peu au départ, voire pas du tout, et ajustez seulement à la fin.
Les bons ingrédients pour une potée qui se tient
Choisissez un chou vert frisé bien serré. Il supporte mieux la cuisson qu’un chou déjà très souple. Pour les légumes, restez sur des classiques : carottes, navets, poireaux et pommes de terre à chair ferme. Ils gardent mieux leur forme et se servent facilement.
Le chou gagne à être blanchi avant d’entrer dans la cocotte. Cinq minutes dans l’eau bouillante suffisent. Cette étape retire une partie de son amertume et évite qu’il domine trop le goût du bouillon. Il faut ensuite bien l’égoutter avant de l’ajouter avec les autres légumes.
Pour les pommes de terre, attendez la fin de cuisson. C’est ce qui permet de les avoir tendres sans les voir se fendre dans le bouillon. Si elles sont petites, laissez-les entières. Si elles sont grosses, coupez-les en deux, de façon régulière.
Une cuisson douce du début à la fin
Le départ se fait toujours à l’eau froide. Mettez la palette et le lard dans la cocotte, couvrez largement et chauffez doucement. Quand les premiers frémissements arrivent, une mousse remonte à la surface : il faut l’enlever avec une écumoire. Cela donne un bouillon plus clair et un goût plus net.
Ajoutez ensuite les aromates : oignon piqué de clous de girofle, ail, bouquet garni et grains de poivre. Le bouillon doit juste frémir. S’il bout franchement, la viande durcit et le jus devient trouble. Une cuisson calme est vraiment ce qui convient à la potée.
Après une première heure de cuisson des viandes, ajoutez le chou blanchi, les carottes, les navets et les poireaux. Ils vont cuire dans le bouillon de porc et prendre tout leur goût. Les saucisses arrivent plus tard, pour une trentaine de minutes. C’est suffisant. Si elles cuisent trop longtemps, elles peuvent éclater et devenir plus sèches.
Comment savoir si la potée est prête
La palette doit être bien tendre, sans aller jusqu’à se défaire complètement. Le lard doit se couper facilement. Les carottes et les navets doivent s’enfoncer sous la pointe d’un couteau, mais rester en place dans le plat. Le chou doit être souple jusque dans le cœur. Quant aux pommes de terre, elles doivent être cuites juste à point.
Goûtez le bouillon avant de servir. Bien souvent, il n’a besoin de rien de plus qu’un peu de poivre. Si vous le trouvez trop salé, retirez les viandes et les légumes, ajoutez un peu d’eau chaude et laissez frémir quelques minutes. Cette petite correction suffit souvent.
Servez la potée dans un grand plat chaud, avec les viandes découpées grossièrement et les légumes rangés autour. Vous pouvez ajouter un peu de bouillon par-dessus pour garder l’ensemble bien chaud, puis proposer le reste à part. Une moutarde forte accompagne très bien la palette et le lard.
Préparer à l’avance et réchauffer sans abîmer le plat
Comme beaucoup de plats mijotés, la potée est souvent encore meilleure le lendemain. Laissez refroidir, puis gardez viandes, légumes et bouillon ensemble au frais. Le bouillon va légèrement figer : c’est normal, il est riche en gélatine.
Pour réchauffer, remettez le tout dans une cocotte et chauffez doucement, sans faire bouillir fortement. C’est surtout important pour les pommes de terre, qui sont plus fragiles au deuxième passage. Si vous savez dès le départ qu’une partie sera gardée pour le lendemain, vous pouvez même arrêter leur première cuisson un peu plus tôt.
S’il reste du bouillon, gardez-le. Il peut servir pour une soupe de légumes, une cuisson de lentilles ou une base de potage. C’est une partie importante de la recette, au même titre que les viandes et les légumes.
Dans le même esprit, vous pouvez aussi préparer un pot-au-feu de bœuf traditionnel ou un petit salé aux lentilles. La cuisson est proche, mais la potée a un goût plus marqué de chou et de porc. Elle se rapproche davantage d’une choucroute garnie traditionnelle par ses ingrédients, avec un bouillon plus présent au service.
Commentaires
On sent bien le côté traditionnel, ça change des plats express. J'ai mis des navets en plus, très bon avec.
J'ai utilisé un chou un peu petit donc j'ai augmenté les carottes. Recette facile à suivre, pas besoin d'en faire trop.
Je ne faisais jamais de potée, finalement c'est simple. Est-ce qu'on peut préparer la veille et réchauffer sans que le chou perde trop ?
J'aime bien les plats mijotés comme ça, on lance et ça vit sa vie. Le lendemain c'était encore meilleur je trouve.
Je l'ai faite au feu doux presque 3h, aucune regret. La viande se tenait encore mais super tendre.
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