Le lapin à la moutarde à l’ancienne est un plat de cocotte qui demande surtout une cuisson douce. La viande est maigre et peut sécher vite si le feu est trop fort. Il faut donc bien la colorer au départ, puis la laisser mijoter tranquillement dans une sauce au vin blanc, aux échalotes et à la moutarde.
Ici, l’équilibre compte plus que la puissance. La moutarde de Dijon donne du relief à la sauce, la moutarde à l’ancienne apporte ses grains et une saveur plus ronde. La crème adoucit l’ensemble sans masquer le reste. Il faut garder une sauce liée, souple, qui nappe les morceaux sans devenir lourde.
Bien choisir les ingrédients
Le plus pratique est d’acheter un lapin déjà découpé. Pour une cuisson régulière, les morceaux doivent être d’une taille assez proche. Les cuisses supportent un peu plus de cuisson que le râble, qui sèche plus vite. Si besoin, retirez les morceaux les plus fins quelques minutes avant la fin.
Les échalotes conviennent bien à cette recette. Elles fondent facilement et donnent une base douce. L’ail doit rester discret : une petite quantité suffit. Pour le vin blanc, prenez un sec assez simple, sans boisé marqué. Il doit soutenir la sauce, pas prendre le dessus.
La crème fraîche entière tient mieux à la cuisson qu’une crème légère. Elle aide aussi à garder une texture plus régulière. Quant au bouillon, versez-le avec mesure. Il sert à prolonger le fond de cuisson, pas à noyer la sauce.
La base de cuisson
Avant de faire dorer le lapin, séchez bien les morceaux. Une viande humide colore mal. Passez-les ensuite dans un voile de farine. Cette fine pellicule aidera à lier la sauce pendant le mijotage, sans lui donner une texture farineuse.
Faites chauffer la cocotte avec le beurre et l’huile, puis faites dorer les morceaux en plusieurs fois. C’est plus long, mais la coloration sera plus nette. Cherchez une teinte blonde à dorée, pas plus. Le lapin marque vite et peut prendre un goût trop fort si la coloration va trop loin.
Après avoir réservé la viande, faites revenir les échalotes sur feu moyen. Elles doivent fondre doucement, sans brunir. Ajoutez l’ail à la fin, juste le temps de le faire sentir. Déglacez ensuite au vin blanc en grattant bien les sucs. C’est cette base qui donne du goût à la sauce.
Une cuisson douce pour garder une viande tendre
Une fois le bouillon ajouté, le liquide doit frémir à peine. Un gros bouillon durcit la viande, surtout les morceaux les plus fins. Couvrez et laissez cuire doucement, en retournant le lapin une ou deux fois pendant la cuisson.
Le bon repère n’est pas seulement le temps, mais la texture. Les morceaux doivent être tendres, sans se défaire complètement. Si le râble vous semble prêt avant les cuisses, retirez-le un moment et remettez-le dans la sauce au dernier moment. Ce petit ajustement évite d’avoir une partie sèche pendant que l’autre finit de cuire.
On est dans l’esprit d’une blanquette de veau à l’ancienne, mais avec une sauce plus vive et une cuisson plus courte. Le geste reste le même : ne pas brusquer la cocotte.
Quand ajouter la moutarde et la crème
La moutarde supporte mal une cuisson trop vive et trop longue. Mieux vaut l’ajouter en fin de cuisson, avec la crème, sur feu très doux. Mélangez d’abord la crème avec la moutarde de Dijon, puis ajoutez la moutarde à l’ancienne. La sauce restera plus homogène, avec les grains bien visibles.
Si la sauce est trop fluide, retirez les morceaux et laissez réduire quelques minutes à découvert. Si elle est trop serrée, ajoutez un peu de bouillon chaud ou un trait d’eau. Goûtez seulement à la fin pour le sel : entre le bouillon et la moutarde, l’assaisonnement monte vite. Un peu de poivre fraîchement moulu et du persil ciselé suffisent pour finir le plat.
Avec quoi servir ce lapin à la moutarde
Servez ce lapin avec un accompagnement qui absorbe bien la sauce. Des tagliatelles fraîches, du riz pilaf, une purée de pommes de terre ou des pommes vapeur conviennent très bien. Des pommes de terre rissolées marchent aussi, mais mieux vaut alors garder un peu de sauce à part.
Si vous aimez les plats mijotés de cocotte, vous pouvez aussi aller vers des recettes plus sombres comme le coq au vin traditionnel ou le bœuf bourguignon traditionnel. Ici, la sauce est plus claire, plus nerveuse, et demande un feu plus doux du début à la fin.
Conservation et réchauffage
Ce plat se garde sans problème jusqu’au lendemain au réfrigérateur. Laissez-le refroidir avant de le couvrir. La sauce épaissira un peu en reposant, ce qui est normal.
Pour le réchauffer, faites-le sur feu doux, à couvert. Ajoutez un petit trait d’eau ou de bouillon si la sauce a trop épaissi. Évitez de laisser bouillir longtemps après l’ajout de la crème et de la moutarde : la sauce perdrait en tenue et la viande se raffermirait.
Commentaires
Je cherchais une idée de batch cooking et ça se tient bien sur 2 jours. Avec du riz ça passe nickel.
Recette très sympa pour un dimanche. J'avais peur que la moutarde prenne le dessus mais non, c'est équilibré.
faite en batch cooking samedi, encore meilleure le lendemain je trouve. La sauce avait bien pris le goût des échalotes.
J'aime bien ce genre de plat mijoté, simple mais avec du caractère. Le vin blanc apporte vraiment quelque chose.
Bonne base, mais chez moi 45 min c’etait un peu juste. J’ai poussé jusqu’à 1h et c’était mieux.
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