La poule au pot farcie demande surtout du temps de cuisson. Pour le reste, la préparation est assez directe : on fait une farce souple, on garnit la volaille, puis on la laisse pocher doucement avec les légumes du pot. Ce qui compte ici, ce n’est pas la technicité, mais le rythme. Une cuisson trop vive durcit la chair et trouble le bouillon.
On est sur un plat de service, à apporter au centre de la table ou à dresser en assiettes creuses avec un peu de bouillon. La farce change l’équilibre du plat : elle nourrit davantage, elle parfume l’intérieur de la volaille et elle donne une coupe plus nette au moment du service. Il faut donc la garder moelleuse et bien assaisonnée, sans la rendre trop dense.
Choisir une vraie poule et garder un bouillon lisible
Prenez une poule à bouillir, pas un poulet. Sa chair est plus ferme au départ, mais elle tient mieux la cuisson longue et donne un bouillon plus corsé. Une volaille de 2 à 2,5 kg convient bien pour 6 personnes. Vérifiez surtout que la peau soit intacte : c’est utile pour maintenir la farce pendant le pochage.
Pour la garniture, mieux vaut rester sobre. Carottes, poireaux, navets, oignons et céleri branche suffisent largement. Le goût principal doit rester celui de la volaille. Les clous de girofle, le bouquet garni, l’ail et quelques grains de poivre donnent le fond aromatique nécessaire sans prendre le dessus.
Pensez à bien laver les poireaux entre les feuilles. C’est souvent là que le bouillon se trouble. Choisissez aussi des légumes de taille proche, ou coupez les plus gros en deux, pour éviter d’en avoir certains trop cuits pendant que d’autres restent fermes.
Une farce souple et bien liée
La base la plus simple reste la chair à saucisse avec de la mie de pain trempée dans le lait, un œuf, de l’échalote et du persil. La mie assouplit la farce et évite qu’elle ne devienne compacte après 2 h 30 de cuisson. L’échalote doit être hachée très finement. Le persil apporte un peu de fraîcheur, sans changer le caractère du plat.
Salez l’intérieur de la poule avant de la garnir, puis assaisonnez aussi la farce, mais sans excès puisque le bouillon sera lui-même salé. Si vous voulez vérifier, faites cuire une petite noix de farce à la poêle. C’est le moyen le plus sûr d’ajuster avant de fermer la volaille.
Ne remplissez pas la poule à ras bord. La farce gonfle légèrement en cuisant. Si elle est trop tassée, elle reste lourde et la chaleur pénètre moins bien au centre. Il faut fermer proprement avec de la ficelle de cuisine ou quelques points de couture pour qu’elle reste bien en place.
Cuire doucement, du départ à la fin
La cuisson commence à l’eau froide. Cela laisse le temps au bouillon de se construire et facilite l’écumage au début. Portez lentement au frémissement, puis retirez l’écume au fur et à mesure. Ensuite, gardez toujours un liquide calme : quelques frémissements en surface suffisent. Si la marmite bout franchement, la chair se resserre et le bouillon se charge trop.
Commencez par pocher la poule avec l’oignon piqué de clous de girofle, l’ail, le bouquet garni et le poivre. Ajoutez ensuite les carottes, les navets, le céleri et le second oignon pour la majeure partie de la cuisson. Les poireaux, eux, vont plus tard pour ne pas se défaire. Ce décalage donne des légumes cuits juste comme il faut, sans finir en purée dans la marmite.
Le bon repère pour la volaille reste la cuisse : la pointe d’un couteau doit entrer sans résistance marquée, mais la chair doit encore se tenir. Si elle attache encore à la lame ou reste ferme près de l’os, prolongez un peu. Selon la taille de la poule, 2 h 30 peuvent parfois devenir 2 h 45.
Après cuisson, laissez reposer la poule une dizaine de minutes hors du feu, avec un peu de bouillon autour ou dans un plat couvert. La farce se tranche mieux et la viande se découpe plus proprement.
Servir sans alourdir le plat
Avant le service, dégraissez légèrement le bouillon à la louche si nécessaire. Pas besoin de l’alléger complètement : un peu de gras garde le goût. En revanche, une couche trop épaisse masque tout le reste. Si le bouillon n’est pas assez net, passez-en une partie au chinois fin.
Servez la poule en morceaux, avec des tranches de farce et les légumes autour. Le bouillon peut être présenté à part en soupière, ou versé dans les assiettes creuses avec un morceau de volaille et quelques légumes. Un peu de gros sel, de moutarde forte ou quelques cornichons peuvent accompagner, mais mieux vaut les laisser sur le côté.
Le lendemain, la poule au pot se réchauffe très bien. Gardez la viande dans un peu de bouillon pour qu’elle ne sèche pas, et réchauffez à feu doux, sans faire bouillir. La farce froide se coupe même plus facilement, ce qui est pratique si vous voulez faire un service bien net.
Si vous aimez ce genre de plat, vous pouvez aussi voir la poule au pot traditionnelle, la poule au blanc traditionnel ou la poule au riz à l’ancienne.
Commentaires
Très bonne base. J'ai ajouté un petit clou de girofle dans le bouillon, ça allait bien avec les légumes.
Question bête peut etre, vous ficelez la poule avant ou après avoir farci ? j'ai toujours peur que tout parte dans le bouillon.
Ça m'a rappelé les repas chez ma grand-mère. Bouillon clair, viande tendre, vraiment simple et bon.
La farce à la coupe était nickel, pas sèche du tout. Je referai pour un repas de famille.
Plat de grand mère comme j'aime. J'ai remplacé le pain par un reste de brioche, c'était doux sans être sucré.
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