La palette de porc est un morceau qui aime les cuissons lentes. En cocotte, elle devient tendre sans perdre son goût, et le jus prend du corps au fil du mijotage. Avec des lentilles vertes et quelques légumes, on retrouve un plat de tradition, franc et nourrissant, avec une garniture qui reste bien liée à la viande.
Le point important, ici, c’est l’ordre de cuisson. La palette a besoin d’un bon moment pour s’attendrir, alors que les lentilles doivent garder leur tenue. En les ajoutant plus tard, on évite qu’elles s’écrasent ou qu’elles absorbent tout le jus avant la fin.
Quelle palette choisir
Vous pouvez partir sur une palette fraîche ou demi-sel. La palette fraîche permet de mieux doser l’assaisonnement et donne un jus plus net. La demi-sel apporte un goût plus marqué, mais demande souvent un dessalage de quelques heures dans l’eau froide, avec un ou deux changements d’eau.
Une palette avec os est préférable pour ce type de cuisson. Elle sèche moins et le jus gagne en goût. Pour 4 personnes, comptez une pièce d’environ 1,2 à 1,5 kg. Il faut un morceau assez épais, capable de tenir une cuisson longue sans se défaire trop vite.
Les lentilles et les légumes
Les lentilles vertes sont les plus adaptées. Elles cuisent assez régulièrement et gardent une bonne texture si le feu reste doux. Rincez-les avant usage, puis ajoutez-les quand la viande est déjà bien avancée. C’est ce décalage qui permet d’avoir une palette fondante et des lentilles encore entières.
Côté légumes, restez sur une base classique : oignons, carottes, céleri, ail. Les oignons fondent dans le jus, les carottes apportent un peu de douceur et le céleri donne du relief sans prendre le dessus. Le concentré de tomate n’est pas indispensable, mais une petite quantité aide à renforcer le fond de sauce.
Bien démarrer la cuisson
Commencez par faire colorer légèrement la palette dans un peu d’huile. Il ne s’agit pas de faire une croûte épaisse, mais de marquer la viande et de former quelques sucs au fond de la cocotte. Prenez le temps de la tourner sur toutes ses faces.
Faites ensuite revenir les légumes dans la même cocotte. Ils doivent juste commencer à fondre. Ajoutez l’ail en cours de route, puis le concentré de tomate pour le faire cuire brièvement. Versez l’eau ou un bouillon léger jusqu’à mi-hauteur de la viande. Le liquide ne doit pas noyer la palette : on est sur un braisage, pas sur une cuisson bouillie.
Ajoutez le bouquet garni et quelques grains de poivre. Pour le sel, mieux vaut attendre si la palette est demi-sel ou si le bouillon l’est déjà un peu. Goûtez plus tard, quand les saveurs se seront concentrées.
Une cuisson douce et régulière
La cocotte doit rester à petit frémissement. Si ça bout trop fort, la viande se raffermit et les lentilles cuiront moins bien ensuite. Comptez environ 1 h 20 de cuisson avant d’ajouter les lentilles. À ce moment-là, la palette doit déjà commencer à s’attendrir, surtout près de l’os, tout en gardant sa forme.
Ajoutez alors les lentilles rincées autour de la viande. Poursuivez la cuisson à feu doux pendant 45 à 50 minutes. Surveillez le liquide : les lentilles doivent être presque couvertes, mais pas noyées. Si besoin, ajoutez un peu d’eau chaude en cours de cuisson.
Évitez de remuer trop souvent à la cuillère. Mieux vaut secouer doucement la cocotte pour répartir le liquide. Les lentilles restent ainsi plus intactes, et la viande ne s’effiloche pas avant le service.
Le bon équilibre en fin de cuisson
Quand la palette est cuite, une lame fine entre facilement près de l’os et la viande commence à se détacher sans s’émietter complètement. Les lentilles, elles, doivent être tendres à cœur mais encore bien formées.
Si le jus est trop abondant, retirez la viande quelques minutes et laissez réduire à découvert sur feu doux. Il n’y a pas besoin de liaison : la cuisson des légumes, un peu d’amidon des lentilles et la gélatine naturelle de la viande suffisent à donner une texture liée.
À l’inverse, si les lentilles semblent un peu sèches, ajoutez une petite louche de jus chaud ou un trait d’eau. Le bon repère, c’est une garniture moelleuse, humide, mais sans excès de liquide.
Service, variantes et réchauffage
Servez la palette en tranches épaisses si elle se tient bien, ou en gros morceaux détachés à la cuillère. Nappez avec un peu de jus et répartissez les légumes avec les lentilles. Une moutarde douce ou forte peut être proposée à table.
Vous pouvez glisser un clou de girofle dans un oignon, ajouter un blanc de poireau avec le bouquet garni, ou remplacer une partie de l’eau par un fond de volaille léger. Mieux vaut rester mesuré : la palette a déjà du caractère.
Le plat se réchauffe bien le lendemain. Gardez-le au frais une fois refroidi, puis remettez-le sur feu doux avec un petit trait d’eau si les lentilles ont absorbé une partie du jus. Évitez le feu vif, qui dessèche la viande et fait attacher le fond.
Si vous aimez ce type de plat, vous pouvez aussi regarder le petit salé aux lentilles, les saucisses de Toulouse aux lentilles à l’ancienne ou le jarret de porc braisé à la bière et aux oignons.
Commentaires
Question bête peut-être: vous rincez les lentilles juste avant de les mettre ou vous les faites tremper un peu ? j'ai envie de la tenter ce week-end.
J'ai ajouté un clou de girofle dans l'oignon, ça allait super bien avec la palette. Recette simple mais qui fait son effet.
Recette très doudou pour un soir de pluie. Les enfants ont mangé les lentilles sans discuter, c'est assez rare pour être noté.
Testé la veille pour le lendemain, encore meilleur réchauffé je trouve. Parfait pour un repas du soir quand il fait froid.
Je garde l'idée pour l'hiver. Fait hier soir, réchauffé ce midi, c'était même meilleur et les parfums bien liés.
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