Cette daube garde la base d’un grand mijoté au vin rouge: du bœuf, quelques légumes, un peu de lard et une cuisson lente en cocotte. Les cèpes n’arrivent qu’à la fin, après un passage à la poêle. C’est ce qui leur permet de rester présents dans l’assiette, avec un parfum net et une texture encore un peu ferme.
On reste dans une cuisine de fond, avec des gestes simples mais qui comptent. Si vous aimez ce type de plat, vous pouvez aussi voir la estouffade de bœuf à l’ancienne ou le paleron de bœuf braisé au vin rouge, dans le même esprit mais avec un équilibre différent.
Choisir la viande et les cèpes
Prenez un morceau à braiser, avec assez de collagène pour tenir la cuisson: paleron, macreuse, gîte, jumeau, ou un mélange de deux morceaux. Une viande trop maigre devient vite sèche. Demandez des cubes assez gros, autour de 4 à 5 cm. Après trois heures en cocotte, ils garderont mieux leur forme.
Pour le vin, choisissez un rouge sec, souple, sans excès de bois. Pas besoin d’une grande bouteille, mais mieux vaut éviter un vin trop dur ou trop acide: la sauce va se concentrer, donc ses défauts aussi.
Les cèpes frais donnent le plus beau goût. Nettoyez-les sans les tremper. Un pinceau ou un linge humide suffit souvent. S’ils sont très sales, passez-les rapidement sous l’eau puis séchez-les tout de suite. Coupez-les en morceaux assez larges, car ils réduisent vite à la cuisson.
Si vous n’en avez pas, des cèpes surgelés peuvent convenir. Faites-les revenir à part pour qu’ils rendent leur eau avant de les ajouter à la daube. Les cèpes séchés dépannent aussi, mais leur parfum est plus concentré et leur texture n’est pas la même. Dans ce cas, ajoutez-en peu.
Soigner le départ en cocotte
La première étape donne le ton du plat. Faites revenir les lardons, puis retirez-les. Saisissez ensuite la viande en plusieurs fois. Si la cocotte est trop pleine, elle va rendre son eau et pâlir au lieu de dorer. Mieux vaut prendre un peu plus de temps et avoir une vraie coloration.
Les oignons et les carottes cuisent ensuite dans la même cocotte. Ils doivent accrocher légèrement au fond, sans brûler. Ajoutez l’ail, puis le concentré de tomate, juste le temps de le faire revenir une minute. Remettez la viande et les lardons, poudrez de farine et mélangez bien pour enrober.
Versez le vin rouge, puis le fond de bœuf. Le liquide doit presque couvrir la viande, pas beaucoup plus. Ajoutez le thym, le laurier et le persil. La garniture reste volontairement sobre. Ici, pas d’olives ni d’orange: on cherche une sauce brune, profonde, avec un côté forestier. C’est ce qui la distingue d’une daube de bœuf provençale ou d’un bœuf bourguignon aux champignons à l’ancienne.
Une cuisson douce et régulière
La daube doit cuire à petit frémissement. Si elle bout franchement, la viande se resserre et la sauce devient moins nette. Vous pouvez laisser la cocotte sur feu très doux ou la glisser au four couvert. Dans les deux cas, cherchez une cuisson calme.
Comptez environ 3 heures. Commencez à vérifier vers 2 h 30. La viande doit être tendre, mais encore en morceaux. Le temps exact dépend du morceau choisi et de la taille des cubes.
En fin de cuisson, goûtez la sauce. Si elle semble trop légère, retirez viande et garniture, puis faites-la réduire quelques minutes à découvert. C’est préférable à un excès de farine dès le départ. La sauce doit rester fluide, juste assez liée pour enrober la cuillère.
Pourquoi les cèpes arrivent à la fin
Les cèpes supportent mal une cuisson trop longue dans la cocotte. Ils perdent vite leur relief et finissent par se confondre avec la sauce. Le mieux est de les poêler à part, sur feu assez vif, avec du beurre. Laissez-les d’abord rendre leur eau, puis prendre une légère couleur. Salez et poivrez en fin de cuisson.
Ajoutez-les ensuite dans la daube pour les 15 à 20 dernières minutes. Ils parfument ainsi la sauce sans disparaître dedans. Si vous voulez un peu plus de contraste au service, gardez-en une petite partie à part et posez-les au dernier moment sur le plat.
Repos, accompagnement et conservation
Comme beaucoup de plats mijotés, cette daube gagne à reposer une nuit. La sauce devient plus cohérente, le gras remonte et s’enlève facilement si besoin. Réchauffez doucement, à couvert, en remuant le moins possible pour ne pas casser les morceaux.
Servez-la avec des pommes de terre vapeur, une purée peu chargée en beurre, ou des tagliatelles fraîches. Un gratin de pommes de terre marche aussi, à condition de rester léger sur l’ail et la crème pour ne pas couvrir le parfum des cèpes.
Elle se garde 2 à 3 jours au réfrigérateur. Réchauffez sur feu doux. Si la sauce a trop épaissi, ajoutez un petit trait d’eau ou de fond. Les cèpes seront un peu moins fermes le lendemain, mais l’ensemble reste très bon.
Commentaires
Testée dimanche en cocotte, très bon résultat. J'ai gardé les cèpes pour la fin comme indiqué et ça change vraiment, ils restent bien présents.
Je l'ai faite en batch cooking samedi, puis réchauffée mardi. Nickel, les saveurs avaient encore gagné.
Joli plat d'hiver. J'ai remplacé une partie des cèpes par des champignons bruns, budget oblige, et c'etait très bon quand même.
Faite dimanche en cocotte, très bon résultat. J'ai mis les cèpes à la fin comme indiqué et ils sont restés bien fermes.
Question bête peut-être : vous prenez quel morceau pour que ça ne sèche pas ? Le goût était top chez moi mais un peu moins moelleux que prévu.
Laisser un commentaire